Ministre de l'Intérieur
Conseiller régional de Nouvelle Aquitaine
« Un an passé au Quai d’Orsay » – interview par SUD-OUEST

Publié le 05/09/2015, Propos recueillis par Emmanuelle Pédezert – Lire l’interview sur le site de Sud-Ouest

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Le 5 septembre 2014, Matthias Fekl se rendait au ban des vendanges de Buzet en tant que secrétaire d’état au Commerce extérieur, à la Promotion du tourisme et aux Français de l’étranger, auprès du ministre des Affaires étrangères. Un portefeuille ministériel que le député de la deuxième circonscription de Lot-et-Garonne reprenait à Thomas Thévenoud, « phobique administratif », contraint de démissionner.

« Sud Ouest ». À quelques jours d’être appelé au gouvernement, vous invitiez l’exécutif français à « porter un projet de transformation du pays »…

Matthias Fekl. Je ne retire rien de ces propos. Le gouvernement est arrivé aux responsabilités en 2012 dans un moment très dur pour le pays, sur lequel sans doute nous n’avons pas assez insisté à l’époque, et en même temps la volonté de faire avancer le pays dans un contexte économique européen et mondial extrêmement tendu. La société française est figée. Avec des peurs liées à la situation qu’on connaît, et avec le sentiment qu’on n’a plus la chance de rebondir. On travaille donc à deux choses : débloquer le pays et redonner confiance.

Des satisfactions à votre actif en un an au gouvernement ?

Je m’étais fixé plusieurs objectifs en arrivant ici. Contribuer à installer la culture des PME au cœur de l’État, déjà. On a lancé le premier Forum des PME à l’international, j’ouvre mes délégations aux petites et moyennes entreprises quand je pars en déplacement. Avec Laurent Fabius, le tourisme a également fait l’objet de travaux d’envergure. C’est deux millions d’emplois, 7 à 8 % de notre richesse nationale. Nous travaillons à la simplification pour les acteurs du tourisme, à la mise en place prochaine d’un fonds d’investissement avec la Caisse des dépôts, etc.

Nous avons aussi mis l’agriculture et l’agroalimentaire au cœur du Commerce extérieur en initiant, avec Stéphane Le Foll, « la Diplomatie des terroirs ».

On vous a confié le volet international du plan agricole parce que vous êtes lot-et-garonnais ?

Certainement que mon ancrage dans un département rural et agricole a joué. Vous connaissez mon attachement pour l’agriculture. Avec Pierre Camani, on s’est notamment battu pour le pruneau d’Agen en obtenant 12 M€ pour accompagner la filière au moment où elle se modernise, ou encore pour la revalorisation des retraites agricoles. L’agriculture française est ancrée dans l’international. Elle s’exporte. C’est vrai pour le vin, le pruneau, la noisette… L’agroalimentaire est notre deuxième excédant commercial après l’aéronautique et avant le secteur pharmaceutique. Mais il faut être à l’offensive, et ouvrir de nouveaux marchés pour la viande française, les appellations. Tous mes déplacements d’ici à la fin de l’année intégreront une dimension agricole.

Vous êtes en Lot-et-Garonne un week-end sur deux. Entendez-vous pourtant des « on ne le voit plus » ?

Non. Ça fait dix ans qu’il y a des gens qui essayent d’installer cette idée. La vérité, c’est que je suis là, toujours là et heureux d’être là, car le lien est indispensable avec le terrain. Pour entendre les remarques des gens, même quand ils ne sont pas contents, comme M. Blanchet à Duras qui m’alerte régulièrement des soucis dans les métiers du tourisme.

Emmenez-vous des Lot- et-Garonnais dans tous vos déplacements ?

Chaque fois que cela a été utile pour leurs projets, il y a eu des Lot-et-Garonnais dans mes déplacements. Mais avec la préfecture, les chambres consulaires et les différents acteurs de terrain, on fait connaître le programme des déplacements, les opportunités de terrain pour inviter les entrepreneurs à nous rejoindre. Les appellations de Buzet et Duras partent demain en Chine avec nous, par exemple. Et les quatre appellations de Lot-et-Garonne ont fait leur entrée au Quay d’Orsay !

Parmi vos prédécesseurs à cette fonction, on compte DSK, Édith Cresson, Christine Lagarde, Pierre Moscovici, Fleur Pellerin. Ce poste appelle des développements prometteurs de carrière, non ?

C’est un honneur de travailler là où je suis et je me suis toujours engagé dans la vie publique pour agir. C’est un portefeuille gouvernemental qui permet d’agir. J’aime la belle devise de Bergson : « Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. » C’est peut-être une manière de vous répondre.

Suivez-vous, et comment, le travail de votre remplaçante, Régine Povéda ?

On travaillait ensemble quand c’était moi qui représentais le Lot-et-Garonne au Parlement, on travaille de la même façon. On porte les dossiers ensemble, y compris récemment pour la politique de la ville à Marmande et Tonneins.

C’est un travail prenant, et pourtant, vous vous relancez dans la course aux Régionales…

J’ai été dans les tout premiers à proposer le non-cumul des mandats. Avant mon élection, en 2012, et après, j’avais dit que je resterais conseiller régional. Je me représente aujourd’hui, c’est une manière de nourrir ce lien très important avec le terrain, le concret. Et j’ai à cœur de poursuivre le travail mené avec Alain Rousset et les acteurs de notre département. Ce n’est une surprise pour personne.

N’est-ce pas cependant trop ?

Le seul jugement qui compte est celui des Lot-et-Garonnais, qui m’ont fait confiance. Et qui me permettent d’agir.

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